Analyse sémiotique de 3 communications du quotidien le Parisien
- Analyse actantielle
- Les actants de l'énoncé
- Les actants de l'énonciation
- Place et Rôle du Quotidien `le Parisien'
Les spots publicitaires présentent souvent des récurrences dans leur forme canonique, si bien que se tracent certaines règles rhétoriques de la publicité. En effet, les spots télévisés se décomposent souvent en deux parties : 1/ un récit quelconque se déroule, permettant de mettre en scène le produit ou la marque à promouvoir, 2/ un ou plusieurs plans montrent explicitement ce produit (souvent entouré de divers énoncés visuels ou sonores : nom de marque, slogan, etc.). Un tel schéma permet ainsi aux spectateurs d’interpréter facilement et rapidement les communications ; il est très aisé de comprendre les caractéristiques du produit, son usage, son efficacité, etc.
Cependant, il peut arriver qu’une publicité n’observe pas ce schéma élémentaire. C’est en effet le cas des trois derniers spots publicitaires du quotidien « Le Parisien », à savoir : « Le 4×4 », « Les touristes » et « L’arrêt de bus » . Dans chacun de ces spots, on retrouve une transgression du schéma canonique formulé plus haut : l’histoire énoncée en première partie présente toujours une scène où plusieurs personnages évoluent dans une ville (que l’on reconnaît être Paris). Mais dans tous les cas, ce récit ne semble pas avoir de lien avec le produit (c’est-à-dire ici le journal) car ce dernier n’est absolument pas mis en scène : le récit qui devrait être le sien s’avère être celui d’un homme, personnage central. Nous sommes donc en présence d’une figure d’énallage dans la mesure où ces publicités se fondent sur une substitution qui va à l’encontre d’une règle canonique.
La compréhension de ces trois publicités n’est alors plus immédiate et leur interprétation reste à reconstruire. Afin de comprendre sur quelles valeurs se fonde le quotidien, nous allons donc analyser ces trois communications et chercher où se situe le lien entre le journal Le Parisien et les scénettes énoncées. Nous commencerons par une analyse des différents actants identifiables dans ces publicités : actants de l’énoncé, puis actants de l’énonciation. Nous tenterons par la suite de déterminer le rôle du quotidien au travers de ces spots.
[...] CELA NE RELÈVE PAS DE L’ANALYSE, MAIS SIMPLEMENT DES CONNAISSANCES DE CHACUN SUR LES DIVERSES RÈGLES PUBLICITAIRES : UNE PUBLICITÉ PRÉSENTANT TELLE OU TELLE MARQUE A FORCÉMENT ÉTÉ ÉMISE PAR CETTE MÊME MARQUE. LES SPOTS DE NOTRE CORPUS SE CONCLUANT SUR LE VISUEL DU QUOTIDIEN LE PARISIEN TOUT SPECTATEUR SAURA QUE CE QUOTIDIEN EN EST À L’ORIGINE. C’EST CETTE MARQUE QUI A FAIT LES DIVERS CHOIX PERMETTANT D’ABOUTIR AU RÉSULTAT FINAL QUE SONT CES PUBLICITÉS. La position d’énonciateur qu’occupe le quotidien va donc lui permettre de se procurer un certain rôle. Cet actant énonciateur est en effet celui qui a décidé de montrer les différentes histoires mettant en scène le personnage parisien. [...]
[...] Nous allons voir en effet que cette voix off est la porte parole du quotidien Le Parisien. Nous allons donc mieux définir cet actant à présent que nous allons déterminer le rôle du quotidien dans ces spots publicitaires Place et Rôle du Quotidien le Parisien COMME NOUS L’AVONS ÉVOQUÉ EN INTRODUCTION, LES PUBLICITÉS DE NOTRE CORPUS ONT LA PARTICULARITÉ DE TRANSGRESSER UNE RÈGLE RHÉTORIQUE PUBLICITAIRE DANS LA MESURE OÙ ELLES NE METTENT EN SCÈNE NI LA MARQUE NI LE PRODUIT VENDU. [...]
[...] En effet, l’énonciateur fait tout pour exposer les actions de l’actant parisien : les différents points de vue permettent toujours d’observer cet homme, il n’y a aucune gêne spatiale ou temporelle ne permettant pas d’avoir totalement accès aux diverses informations. L’énonciateur est donc modalisé par un faire savoir, et l’énonciataire par un ne pas pouvoir ne pas observer : il est presque obligé de voir l’hypocrisie dans le comportement du personnage principal, il n’a aucun doute quant à la responsabilité des actes de celui- ci. En se plaçant comme actant énonciateur des publicités, le journal Le Parisien veut donc montrer son rôle de dénonciateur, de révélateur. [...]
[...] Nous pouvons donc reprendre sous forme de tableau les caractéristiques que nous avions attribuées à l’actant parisien (le personnage) afin d’en déduire par opposition les valeurs à attribuer à l’actant énonciateur (le quotidien) : Le journal Le Parisien présente donc un personnage méprisable et auquel on ne peut pas se fier, afin de se valoriser lui-même par opposition à celui-ci. Le quotidien énonciateur propose donc un nouveau contrat fiduciaire à l’énonciataire. Ce dernier n’a pas pu se fier au contrat que voulait lui proposer l’habitant parisien ; mais c’est l’énonciateur, le quotidien, qui lui a ouvert les yeux sur ce qu’il ne fallait pas croire. Par cette action, cet énonciateur obtient une certaine légitimité, et peut à présent proposer à l’énonciataire de se fier à lui. [...]
[...] Ces communications se veulent donc plus proches du lectorat et de leurs préoccupations. De plus, Le Parisien retranscrit bien son objectif d’apporter des informations pratiques et de proximité : en effet, en tant qu’énonciateur des publicités, le quotidien apporte l’information car il possède un plein savoir. Mais ces publicités mettent surtout l’accent sur le fait que l’information est parfois cachée ou déformée ; elle n’est pas toujours directement accessible. Par sa position d’énonciateur des spots, Le Parisien montre donc sa compétence pour révéler l’information et affirme sa capacité d’investigation. [...]
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