Les arts graphiques et l'architecture en Bretagne des années 1920 à 1950
- Un art breton au service du régionalisme
- L'EMSAV : la résurgence de l'idée bretonne
- Art et politique : des artistes engagés
- Un courant central de la dynamique artistique bretonne : l'Unvaniez ar Seiz Breur
- Les origines et objectifs du mouvement
- Les arts graphiques : la volonté de créer un cadre de vie bretonnant
- Les expositions de 1925 et 1937 : l'expression d'une modernité bretonne
- Des perceptions plus individuelles d'un « art breton »
- Méheut et Langlais : conservation de l'identité bretonne ou retour au classicisme?
- Pol Abraham, Georges-Albert Lefort, Paul-Marie Rolland : respect de la « bretonnité » ou assimilation des influences extérieures
La Première Guerre mondiale (1914-1918) est l'affrontement sur le vieux continent des nationalismes qui se sont forgés et développés au XIXe siècle. L'issue de la Grande Guerre achève d'ancrer le principe du "droit des peuples à disposer d'eux-mêmes". Ainsi la première partie du XXe siècle est-elle la période où se multiplient les revendications identitaires et les luttes nationales. Celles-ci s'appuient souvent dur la défense d'une culture et d'une langue propre à un groupe ethnique.
Le processus s'étend sur l'ensemble du continent y compris en France. Le mouvement régionaliste breton, l'EMSAV, fait figure d'exemple. Au-delà du combat politique, les élites et leaders du particularisme breton s'attachent après 1918 jusqu'aux années 1950 à (re)créer et développer une culture bretonne "expurgée" des éléments français et étrangers.
Une série d'artistes: peintres, architectes, produisent des créations qui tendent à renouveler une culture bretonne jusqu'alors cantonnée aux archétypes médiévaux. Il s'agit donc de construire une "modernité bretonne" qu'il est impératif d'associer au renouvellement des mouvements politiques du nationalisme breton qui s'oriente dans les années 1920 vers les années 1950. Le régionalisme breton est donc, comme beaucoup d'autres en Europe, double culturel et politique.
Il existe un art breton, c'est indéniable, mais tant dans les arts graphiques qu'en architecture. Ses caractéristiques subissent des orientations différentes suivant les « écoles artistiques » et les associations politico-culturelles d'une part, les perceptions personnelles d'autre part.
Quels sont les caractères et les orientations de cet art breton des années 1920 aux années 1950 ?
[...] Ce ne sont que des exemples parmi d'autres. Venons-en maintenant à cet art breton Il est nécessaire d'énumérer les différentes sources d'inspiration pour tous ces artistes. Il ne faut pas perdre de vue que ces personnes sont de fervents régionalistes, leur art est donc très engagé pour la cause bretonne. Dès 1919, J. Malivel voit le renouveau indéniablement passer par un retour aux sources celtiques, c'est alors que la croix celtique et autres entrelacs font leurs apparitions, mais l'on voit aussi le triskell et la mythologie celtique. [...]
[...] Il s'agissait, pour résumer avant de voir plus en détail, d'inscrire le rêve d'un art régional moderne dans la réalité. Cette exposition fut préparée dès 1923, elle fut peut-être l'élément déclencheur de la création du mouvement des Seiz Breur qui je le rappelle est né de la décision de fonder un groupe pour le renouveau de l'art breton mouvement né de la rencontre de R-Y Creston, J. Malivel et J. Robin au pardon de Notre-Dame du Folgoët (Finistère). Cette participation à cette exposition, au titre de la section des côtes du Nord, appelait les artistes exposant à une inspiration nouvelle pour leurs oeuvres. [...]
[...] C'est donc surtout face à cette bretonnerie, sa superficialité et des mensonges, comme nous le dit le plus grand spécialiste des Seiz Breur, Daniel Le Couédic, que des artistes ont réagi tôt en pensant leur art de façon personnelle et originale ; mais tous avec la double gageure de s'ouvrir sur la modernité sans sacrifier les racines, réunir l'artiste et l'artiste, c'est l'objet de notre deuxième sous-partie. Les arts graphiques : la volonté de créer un cadre de vie bretonnant Commençons tout d'abord par quelques rappels. Il convient ici de traiter pour plus de facilité de l'ensemble des arts graphiques et non pas se restreindre à la seule peinture. Deuxième rappel qui somme toute nous semble important pour saisir la portée de ce nouvel art breton porté par les Seiz Breur, est cet objectif principal de redynamiser, et non créer, une production artistique qui semblait stagner. [...]
[...] Leurs productions suivent ainsi l'objectif de constituer une Bretagne reconnue et modernisée. La différence réside dans la plus grande diversité de ces initiatives et perceptions personnelles. A l'inverse des Seiz Breur, mouvement formel et cohérent, ces créateurs affichent tantôt un repli plus prononcé sur les caractéristiques traditionnelles de l'architecture bretonne tantôt, notamment, dans les cadres urbains, une introduction de nouveaux modèles inspirés par de grands architectes : Auguste Perret, Le Corbusier. Nous avons sélectionné trois créateurs qui représentent cette oscillation : Paul-Marie Rolland, Georges-Albert Lefort et Pol Abraham. [...]
[...] Toutefois, l'architecture de Lefort s'ouvre davantage aux nouvelles méthodes et matériaux de construction ainsi qu'aux modèles extérieurs (français ou internationaux). Ainsi, le breton côtoie désormais le traditionnel granite. Il multiplie les ouvertures dans les murs tandis que les fenêtres présentent davantage de stylisation alternant formes ovales, rondes ou encore rectangulaires. Les édifices construits sont plus massifs, tranchant avec le pittoresque étroit. Par ailleurs, la fonctionnalité devient un axe majeur des constructions, à côté de l'authenticité : les façades sont standardisées pour optimiser l'espace, des éléments particuliers (tours à escaliers) sont placés pour améliorer l'accessibilité. [...]
La mort et l'Occident de 1300 à nos jours, par Michel Vovelle
«Mourir en 1300 : deux modèles de la mort au c'ur du Moyen Age. Équilibres et présence de la mort au Moyen Age. Un très ancien système de la mort. Mille ans de christianisme. Les déviants : des troubadours aux cathares. Le triomphe de la mort. Le temps des pestes. La révolte des morts et le...»
«Dès les premières lignes de son livre, Michel Vovelle nous le dit : l'histoire de la mort est un sujet fascinant. Comme personne ne peut en parler après l'avoir vécue, il nous explique qu'il va travailler sur les réactions des hommes face à la mort. La mort est un sujet de recherche important...»
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Années 50: émergence de l'art cinétique et de l'op'art, un art typique de la modernité
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«Bien que le mouvement ait été à plusieurs reprises au centre de l'intérêt artistique, soit comme thème, soit comme expression ou moyen plastique, son isolement relatif et son application ensuite, comme principe de création, ont amené l'éclatement des distinctions entre la peinture et la sculpture...»
Le Pop'Art, entre critique sociale et détournement du quotidien
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«Afin de mieux appréhender ce mouvement (pop art) plus complexe que ne le laisse supposer les oeuvres réalisées, nous allons dans un premier temps étudier les origines européennes du mouvement pop. Puis dans une seconde partie, nous analyserons les concepts du pop et établirons une liste de ces...»
